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My very dear, et encore, je me demande si cela se dit... 13/12/06
Manque, fierté, souffrance, haine, que dire de plus ?
Absence. Tant de mois, mais tu n'en as pas eut conscience. C'est comme ça. Ca me hantait alors qu'il y avait bien longtemps que tu ne t'en préoccupais plus, toi. Tu as eu le courage ou tout simplement, beaucoup plus de facilités à tirer un trait sur ça. « Ca », vulgaire comme expression je trouve pour désigner ce que nous ayons vécu, tu ne trouves pas ? Suis-je bête, tu alignais tes conquêtes alors que j'attendais sur mon canapé, devant ma télé, entouré de papiers froissés de sucreries et autres barres chocolatées, sans compter les cannettes de soda, le prochain prince charmant. M'aurais-je vu me contenter que d'un romantique en apparence, rustique une fois la routine enclenchée ? Hélas, tu sais comme moi que cela ne m'aurait pas suffit, pas après avoir goûté à toi en tous cas.
Tu m'avais fait une promesse, tu te rappelles ?
Tu m'avais fait voir la vie en rose, tu m'avais aussi promis d'être toujours là pour moi. Bien sur, j'y avais cru, pauvre conne. J'y ai cru, même si j'avais étouffé cette petite voix, bénigne qui me disait que non, tu ne tiendrais pas ces quelques mots, que oui ce n'étaient que de simples paroles en l'air, pour consoler ma peine infinie, tu parles d'un chagrin d'amour. Je crois même que c'est à ce moment précis ou j'ai entrevue l'hypocrisie humaine que j'exerce à mon tour aujourd'hui. Tu sais ce : «oui, oui on s'appelle, on se donne des nouvelles ! » alors que la personne en face et moi-même sachons pertinemment que non, nous ne correspondrons pas. Bien sur, il ne faut pas dramatiser l'affaire, je ne suis pas si dégueulasse, je ne fais pas ça à tout le monde.
Fière, à tel point de ne pas pouvoir t'appeler ? Non, tu te trompes. Quoique. Admettons qu'il faut que je sois franche, dans ce cas, c'est alors fort possible. Ce coup de téléphone m'avait vraiment blessée, mais tu ne pouvais pas savoir. « Non, non, je ne suis plus amoureuse », tu étais loin de t'imaginer que tu enfonçais le couteau dans la plaie. Si mal que ma meilleure amie m'avait écouté pleurer comme une lavette au téléphone, descendre plus bas encore, comme tu n'auras jamais idée... Alors plus jamais, tu comprends ? Pourquoi faire un pas vers toi alors que je faisais parti de ton passé ? Tu ne peux pas t'imaginer comme ce fut dur à réaliser. Bon nombre de fois, j'aurais pu saisir ce téléphone, t'envoyer ce message, préparer à l'avance, rectifié ici et là, et encore par-ci. Mais comme je te le répète, à quoi cela aurait-il servi ? Alimenter madame souffrance installée depuis un bon moment déjà en moi ? Je m'étais résignée, qu'importe les soirs ou la solitude, envahissante dormait à mes cotés.
J'ai enduré et résisté, tu as vu, tu n'as plus entendu parler de moi depuis un bout de temps. Et remonter la pente, ça me prenait du temps, tu sais. Entre le travail, tes collègues, nos lieux communs, et mon désespoir, sans compter ces pensées éclairs qui auraient pu, si j'avais été déterminée, me faire renverser par cette smart qui passe, ou me saisir de ce couteau alors que j'épluchais des carottes... Il en faut du courage pour passer à autre chose après ton passage.
« Oublies. Tu mérites mieux. », M'avait-on dit. Bien trop dur, je dirais même irréalisable. Je pensais toujours à toi, même si l'intensité de mes pensées diminuait progressivement, fort heureusement pour moi. En mal, en bien. Tu ne pourrais réaliser le nombre de fois ou j'ai blâmé ma conduite en repensant à ce bout de chemin tracé ensemble. Trop jeune, pas assez mure peut-être, ou bien trop insouciante. A vrai dire, pourquoi aurais-je pensé à une rupture alors que tu m'avais traitée en princesse, que tu répétais au creux de mon oreille que j'étais la plus belle, que tu n'aimais que moi... Est-ce mon inexpérience qui nous a conduit à notre perte ? Sûrement.
Seule à continuer cette vie si plate, d'un coup! Sans nouvelles.
N'étais-je pas assez bien pour arriver à cette séparation si abrupte ? Certes, nos mondes différaient... mais à ce point ? Erreur de parcours, j'avais mal au ventre d'en arriver à une pareille conclusion, moi qui cherchait une réponse rationnelle. Donc c'était moi le souci.
Tu te rappelles de cette fameuse soirée ou tout ce joli monde était si content, si en fête d'avoir de tes nouvelles, toi le jeune Charly, promis à un grand avenir. Combien j'aurais aimé que tu viennes me parler, c'était si sorcier ? Si gênant de venir me voir ? Je ne saurais jamais, mais à titre de revanche, tu ne sauras jamais que je t'ai aimé comme personne, et combien j'ai aimé vivre avec toi ; combien j'aurais aimé savoir maîtriser nos différents, mais cela aurait il seulement repoussé notre séparation ? Et pour terminer, te dire qu'après tout ce temps, personne n'a réussi à prendre ta place.
Puis je me suis mise à te détester, pour tout ce mal involontairement ou non affligé, je t'ai détesté. A te frapper. A t'en faire mordre la poussière, il n'y avait pas de raison, pourquoi avais-je tant du souffert et toi rien, nothing, nada? Il faut bien relever la tête un jour. Quelques lignes, c'est court pour exprimer toute l'antipathie que j'avais alors ressenti à ton égard ! Mais si mes mots percutent et t'étonnent, l'effet voulu est atteint, alors autant éviter tout long discours, et autant me rassurer en me disant que mon comportement n'était pas si idiot.
Ce soir, devant ce feu, je t'écris, j'extériorise tout ce que j'ai intériorisé, tout ce qui me passe par la tête. Mon meilleur ami est à l'étage et s'est endormi, moi je veille devant ces flammes. Le temps a passé, tu n'es pas revenu. Je n'avais pas cherché à te revoir, à savoir ce que tu étais devenu. Si tu étais fiancé, si ta copine était enceinte. Si tu étais toujours aussi rêveur et spontané, si tu supportais toujours avec la même fureur le moindre retard... Ton rire, ta voix, ça me revenait et même me revient encore des fois. C'est fou ! Tous ces souvenirs à présent anodins. Tes formes Charly, auxquelles je repensais il y a quelque temps. Je m'amusais à les retracer, de mémoires visuelles, seulement j'étais loin de m'imaginer que ta peau douce réapparaîtrait sous mes doigts. Je sourie, tu t'en fiches et peu importe. Mais tout cela relève du passé à présent, simple souvenir de ma mémoire.
Je pars demain, je quitte Paris, j'ai trouvé. Et je suis heureuse ; c'est important de le préciser. C'est à mon tour de te dire : « il est mieux que toi », oui soyons taquin, c'étais dur de t'entendre dire ça au téléphone ce soir de printemps ou j'avais pris mon courage à deux mains!
C'est juste puéril, ce que j'écris là. En plus ça ne sert pas à grand-chose. Mais ça fait du bien d'exprimer tout ce que je peux ressentir maintenant que ma vie prend un nouveau tournant. C'est comme si je te pardonnais, pour tous et pour rien à la fois. Même si nous avons pris quelques années, je ne pourrais pas t'oublier. Tellement heureuse Charly, tu serais même peut-être content pour moi ! Il m'apporte beaucoup et bien plus que ça, contrairement a ceux qui t'ont enchaîné. La plaie est aseptisée à présent.
My Dear, je pars demain pour une durée indéterminée. Tu ne sauras jamais tous ça. Peu importe, j'espère que tu es heureux avec une autre, qu'elle t'apporte ce que je n'ai pu ou su t'apporter. J'espère qu'elle t'aime autant que j'ai pu t'aimer et davantage, que tu réussis dans la vie, et que tout ce dont tu attends d'elle se réalise. Je rêvais de nouveau, de surprise, d'inattendu, il vient me chercher demain, et j'ignore ce qu'il me réserve... A bientôt peut-être, j'aurais tellement de choses à te dire, à te demander. Curieuse et toujours égale à moi-même !
Sophie. »
A ce texte que j'aurais aimé envoyé au concours la boite, je n'ai pas donnée de suite. Il aurait du y avoir un autre plus, mais comme tout ou non, je l'ai terminé. Je l'avais écrit pendant les vacances. Voilà.
De jouer avec les mots, c'est chouette, de les employer et manier avec subtilité. Mais ce ne sont que des mots, pour la plupart. C'est-à-dire doté d'un sens, d'un seul, réduit juste à ce rôle.
Bonne rentrée, bon courage. J'espère que ça va passer vite. Histoire de faire autre chose, et de repartir surtout, en Europe, en Espagne ailleurs, ailleurs k'ici. J'ai trouvée quelque chose pendant mes vacances, sentiment d'indépendance et de liberté, de faire d'aller et de partir que je ne retrouve pas, qu'il n'y a plus ici.
A noTer Que Mes TxtS ReleVent De La FictIon Malgr2 qQ InsPiraTionS PerSonNelLes!