C'est l'histoire d'une princesse, d'une jolie princesse dans une société où les contes de fées n'existent plus.
Alex, jeune fille aux cheveux mi-longs et bouclés, châtains. Une fine taille, des yeux bleus, des formes où il faut. Un physique irréprochable, auquel on peut y joindre des qualités morales, les plus essentielles : la gentillesse, la drôlerie, la générosité, la politesse, le sérieux quand il le faut.
Une jeune fille charmante, tout à fait charmante.
Alex est en faculté de droit, comme toutes les jeunes filles de son âge, ou presque, elle travaille pour s'assurer un bon niveau de vie ; l'argent des parents ne sert qu'à payer la faculté et une partie des charges de l'appartement. Une indépendance à laquelle elle rêvait très tôt, aucun problème pour s'acclimater à la ville, aux soucis, mais aussi à la solitude et aux coups durs tout comme aux soirées consacrées entièrement aux révisions de partielles et aux journées difficiles.
Mais elle sait aussi s'amuser, mais comme ce soir, et comme la plupart des soirs où elle sort en bande, ou bien en boîte, c'est parti en sucette. Elle introduit et fait jouer les clés dans la serrure, et une fois rentrée, elle s'affale dans son lit. Elle a tout pour plaire, et pourtant à l'intérieur c'est le fouillis. Elle tâte la poche arrière de son jean, tend le bras et jette tout les numéros récoltés par terre. Car malgré elle, malgré sa timidité et son manque de confiance en-elle superflu, Alex sait charmer, séduire, draguer. C'est sa façon de s'amuser, se prouver qu'elle peut encore plaire et piéger dans ses filets toutes personnes susceptibles d'être une bonne proie. Encore ce soir, elle s'est déhanchée comme une reine, a utilisé son regard insistant et déstabilisateur : elle a pu boire cocktail et champagne toute la soirée. Le seul bémol dans ses soirées, ce sont les garçons assez lourds qui veulent à tout prix la raccompagner, et en langage plus grossier : se la faire. Mais Alex est habituée, elle sait alors de faire discrète et les laisser en plan. Cela lui vaut parfois quelques injures, mais elle est habituée, et cela lui passe au-dessus la tête. Les gens glissent la plupart du temps leurs numéros dans sa poche arrière, d'où le nombre de numéros qu'elle jette lorsu'elle rentre chez elle: ces morceaux de papiers anodins pour cette jeune fille finissent à la poubelle, faute de mémoire physique ou simplement pour le fait que personne ne l'a marqué. Jamais ces messieurs et mesdemoiselles n'ont alors d'appels de cette séductrice d'un soir.
Alex aimerait juste retrouver un autre Marc, un autre homme qui sait la prendre de cours et prend les devants, cet autre qui saura la surprendre mais aussi qui saura lui montrer qu'elle est irremplaçable à ses yeux. Marc, c'était tout ça : un homme agé de deux ans de plus qu'elle, cheveux coupés courts, légère moustache, des yeux bruns ravageurs. Par sa façon de penser et de voir la vie, de s'occuper de sa copine, la vie de cette étudiante avait totalement changé : c'était à la fois son ami, son homme, son amant. Et il remplissait ses rôles à merveille.
Mais Marc est parti : l'Australie pour y continuer ses études. Fort brillant, ceux qui l'avaient remarqué avait su le convaincre, il avait accepté en pensant que la personne qu'il surnommait « ma princesse » accepterait de le suivre. Mais la vie réserve des surprises, Alex a refusé, incapable de renoncer à sa petite vie, tout quitter, ses amis sa famille pour partir en Australie, peur de s'engager aussi.
Véritable déchirement à l'aéroport. Mais Marc a tout de même prit l'avion, les larmes aux yeux quand il a fallu se séparer... en bon potes.
Alex resta forte, mais lorsqu'il s'engagea dans ce long couloir, elle était bouleversée, désemparée, sans repères. Totalement perdue à traîner dans l'aéroport, rester assise à regarder les avions décoller, atterrir ; observer tous ces gens pressés qui ne veulent absolument pas rater leurs avions. Les « au revoir » chaleureux ou triste, les gens qui courent dans les bras de leurs parents, amis lorsqu'ils sortent d'un couloir, encombrés de leurs valises. Et personne qui ne vient voir Alex, personne qui ne se soucie d'elle. Rêveuse, renfermée, les gens passent et repassent, la voie du mégaphone annonce les départs, les retours, le soleil se couche. Les gens ne font pas attention, certains observent mais n'agissent pas. Seule exception, cette vieille dame qui après avoir attendu son train, après l'avoir également observée, elle vint la voir avant de partir et lui adressa un « courage » auquel Alex répondit par un sourire et par la naissance de quelques larmes.
Ce soir, à cause de la lumière du lampadaire de la rue, les joues de d'Alex brillent. Elle réprime même quelques sanglots, engloutie dans ses couvertures. Voilà seulement qu'un an qu'il est parti, un an qu'elle l'a laissé dans cet aéroport prendre ce boeing. Un an qu'elle n'a pas su, pas pu retrouver cette sensation ou le mot vivre prend toute son ampleur. Un an qu'elle continue la vie sans lui.
Jolie princesse désenchantée, elle sent en cette nuit sa vie comme des grains de sable s'écouler entre ces mains. Elle a beau fermer son poings, elle ne parvient pas à combler ce vide. Les coups de foudres sont passagers : une heure ou deux à penser à ce qu'il pourrait se passer entre elle et ce jeune homme au costar, ce serveur ou ce guitariste, cet autre qui marche dans la rue ou bien celui avec sa copine qui la fixe des yeux. Une heure ou deux, parfois moins, parfois plus, mais jamais rien au-delà. Et pourtant il y a ce type avec qui elle s'entend bien, parfois elle pense à ce qu'il pourrait y avoir, mais tout de suite, comme un escargot qu'on pique d'une branche, elle se rétracte, l'amitié de ce Stéphane beaucoup trop précieuse qu'un flirt. Car elle ne se sent pa capable d'aimer, de se lancer les yeux fermés a nouveau. La peur d'être déçue, de ne pas avoir mieux que Marc, de ne pas pouvoir se livrer à fond, telles sont les craintes qui l'enferment dans ce jeu avec le feu : séduire mais ne jamais aller plus loin. Et pourtant, elle ne peut s'empêcher de penser à lui : elle n'a plus de nouvelle de Marc, à quoi bon cette fine lueur d'espoir qui diminue de jour en jour ? Avec Stéphane, elle tente des approches mais se les interdit à la dernière minute, cette peur plus forte que la raison. Elle ne sait pas ce qu'elle veut à présent, elle hésite et se tâte, freiné dans ses envies par sa conduite avec Manon, où elle s'est laissée portée par ce vent libertin sans arriver à combler le manque...
Manon, étudiante à
[je suis une chieuse hihi, cela doit être horrible de couper l'action ainsi !!!]