Elle rentre au petit matin chez elle, ne s'attendant pas à voir affalée sur son lit Jacynth. Jacynth qui avait commencé à vivre par elle-même aussi. Avec le temps, elle avait appris ce que c'était que la liberté, l'indépendance. Moins présente qu'au début. Convoitée par d'autres. Un début de débauche. S'absentant la nuit. Sans raisons. Pas de compte, Léa avait accepté le deal.
Elle avait besoin de souffler je crois. De penser par elle-même au lieu de vivre pour moi, qu'avec moi.
- Qu'est ce que t'as fait ? T'étais où cette nuit ? Toutes ces semaines foutues en l'air !
- Ces semaines quoi ?
- Foutues en l'air. J'ai le dos tourné et tu coures dans ces bras. Mais quelle belle reconnaissance, bravo !
- Jacynth, arrêtes...
- C'est toi qui devrais arrêter tout de suite !, Jacynth Hystérique là.
- Mais de quoi tu te...
- Tu ne le rappelleras pas. Ça non. Il en est hors de question. »
Elle me surprend, mais ça ne fonctionne plus comme ça. Je l'ai créée, et maintenant elle veut faire sa vie. L'indépendance. Ce n'est pas que je ne veux pas, mais elle aura toujours cette espèce de main mise sur moi. J'ai fait une grosse erreur, de me laisser mener comme ça. De me déconnecter. C'est à me demander si tout ça a vraiment existé. Elle continue à gueuler, et je me penche sur ma garde-robe. Tenue classe, de soirée. Pantalon droit, chemisier. Jupe bottes. Plus de jean, plus de sweat, plus mes tee-shirts amples. Des nuisettes, de la dentelle fine. Juste un tissu froissé, la chemise de Jules, ce soir là. Et je retrace mentalement le chemin parcouru. Si elle disparaît, tout disparaîtra ? Ces nouveaux costumes, les gens rencontrés. Qu'est ce qu'il se passera, tout redeviendra comme avant, avant que je ne quitte le groupe par exemple ? Nos nouveaux amis seront –ils toujours là ?
Regard tout autour. Tout a changé. Même les meubles. Mon grenier s'est métamorphosé. Quelque chose de classe et de moderne. Mon lit, ma commode. Et je n'ai presque jamais rien vu filé, tout cet argent j'aurais pu le mettre dans...
- Dans quoi ? Le groupe ?
- Non, des choses moins artificielles. Un voyage par exemple. Mais qu'est ce que tu as fais de moi ? Avant, il y avait mes photos, mes rêves, mes murs que j'avais peint ; où mes potes avaient participé. Maintenant, on fait partie de la haute. On écoute les péteux qui ne se prennent pas pour de la merde pour le peu qui savent jouer deux trois accords. Jacynth, mais qu'est ce que t'as fait de moi ? Mais regarde-moi, mes cheveux soignés, ces boucles d'oreilles. Tu m'as fait devenir adulte, je n'ai que 19 ans. On est loin d'être des grandes personnes responsables... On ressemble a des filles des beaux quartiers !
Grande inspiration.
- Puisque tu ne te calmes pas. Puisque tu ne la fermes pas. Tu Disparais. De la même manière que t'es apparu, disparais.
- Je ne peux pas, j'ai été appelé pour toi. Pour combattre ton mal-être. Tu ne peux pas te passer de moi : j'ai été souhaitée, désirée par toi. Je suis ton idéal incarné. Je ressens tout ce que tu ressens, connecté à toi 24h sur 24. Je sais quoi te proposer au bon moment, je sais comment m'adapter. Je me module selon tes humeurs. Mais il est hors de question que tu te retournes. Ca non. Ca ne marche pas comme ça, Léa. Tu crois que parce que t'es guéris, parce que t'as passé ta nuit que tout va mieux, que tu peux lâcher prise. Tu ne peux pas marcher seule, sans moi à tes cotés. Je fais partie de toi, comme une prothèse. Et sans prothèse ma chérie, tu vas te casser la gueule !
- Probable que tu n'es été qu'un mobile, en attendant que les choses s'arrangent, en attendant que ça passe. Tu n'es pas réelle, tu n'es qu'un semblant. Tu as beaucoup fait pour moi Jacynth, tu es une partie de moi qui en se matérialisant a pu s'exprimer et s'accomplir, s'épanouir. Je ne te remercierais jamais assez. Mais maintenant il va falloir partir.
- Tu n'as pas le mode d'emploi.
- J'avais pensé à t'insulter chère création vicieuse et perverse, mais la solution m'es venue en sortant de chez lui. Tu permets ?
- Quoi ?
- Mon téléphone ma belle.
« Allo ? »
- Raccroche !
Elle est sur le lit.
-Salut jules, c'est Léa, bien dormi ? Tu vas bien ?
- Raccroche putain Léa !
Dans mon velux, je vois son visage se figer sous la colère.
-Ca va. Et toi, tu es bien rentré ? Tu viens voir le groupe cette aprèm, chez Cédric ? Et avec Jacynth, tu t'es expliqué ?
- Ca va.
Elle s'est levée.
-Oui je viens, je passe même te chercher pas de problème, t'inquiètes.
Elle est derrière moi,
- Et puis avec Jacynth...
Je me retourne, je lui fais face.
- Je viens de la plaquer, ça faisant quatre mois et quatre jours.
Sous mes yeux, Jacynth a disparu.
THE END.
Elle avait besoin de souffler je crois. De penser par elle-même au lieu de vivre pour moi, qu'avec moi.
- Qu'est ce que t'as fait ? T'étais où cette nuit ? Toutes ces semaines foutues en l'air !
- Ces semaines quoi ?
- Foutues en l'air. J'ai le dos tourné et tu coures dans ces bras. Mais quelle belle reconnaissance, bravo !
- Jacynth, arrêtes...
- C'est toi qui devrais arrêter tout de suite !, Jacynth Hystérique là.
- Mais de quoi tu te...
- Tu ne le rappelleras pas. Ça non. Il en est hors de question. »
Elle me surprend, mais ça ne fonctionne plus comme ça. Je l'ai créée, et maintenant elle veut faire sa vie. L'indépendance. Ce n'est pas que je ne veux pas, mais elle aura toujours cette espèce de main mise sur moi. J'ai fait une grosse erreur, de me laisser mener comme ça. De me déconnecter. C'est à me demander si tout ça a vraiment existé. Elle continue à gueuler, et je me penche sur ma garde-robe. Tenue classe, de soirée. Pantalon droit, chemisier. Jupe bottes. Plus de jean, plus de sweat, plus mes tee-shirts amples. Des nuisettes, de la dentelle fine. Juste un tissu froissé, la chemise de Jules, ce soir là. Et je retrace mentalement le chemin parcouru. Si elle disparaît, tout disparaîtra ? Ces nouveaux costumes, les gens rencontrés. Qu'est ce qu'il se passera, tout redeviendra comme avant, avant que je ne quitte le groupe par exemple ? Nos nouveaux amis seront –ils toujours là ?
Regard tout autour. Tout a changé. Même les meubles. Mon grenier s'est métamorphosé. Quelque chose de classe et de moderne. Mon lit, ma commode. Et je n'ai presque jamais rien vu filé, tout cet argent j'aurais pu le mettre dans...
- Dans quoi ? Le groupe ?
- Non, des choses moins artificielles. Un voyage par exemple. Mais qu'est ce que tu as fais de moi ? Avant, il y avait mes photos, mes rêves, mes murs que j'avais peint ; où mes potes avaient participé. Maintenant, on fait partie de la haute. On écoute les péteux qui ne se prennent pas pour de la merde pour le peu qui savent jouer deux trois accords. Jacynth, mais qu'est ce que t'as fait de moi ? Mais regarde-moi, mes cheveux soignés, ces boucles d'oreilles. Tu m'as fait devenir adulte, je n'ai que 19 ans. On est loin d'être des grandes personnes responsables... On ressemble a des filles des beaux quartiers !
Grande inspiration.
- Puisque tu ne te calmes pas. Puisque tu ne la fermes pas. Tu Disparais. De la même manière que t'es apparu, disparais.
- Je ne peux pas, j'ai été appelé pour toi. Pour combattre ton mal-être. Tu ne peux pas te passer de moi : j'ai été souhaitée, désirée par toi. Je suis ton idéal incarné. Je ressens tout ce que tu ressens, connecté à toi 24h sur 24. Je sais quoi te proposer au bon moment, je sais comment m'adapter. Je me module selon tes humeurs. Mais il est hors de question que tu te retournes. Ca non. Ca ne marche pas comme ça, Léa. Tu crois que parce que t'es guéris, parce que t'as passé ta nuit que tout va mieux, que tu peux lâcher prise. Tu ne peux pas marcher seule, sans moi à tes cotés. Je fais partie de toi, comme une prothèse. Et sans prothèse ma chérie, tu vas te casser la gueule !
- Probable que tu n'es été qu'un mobile, en attendant que les choses s'arrangent, en attendant que ça passe. Tu n'es pas réelle, tu n'es qu'un semblant. Tu as beaucoup fait pour moi Jacynth, tu es une partie de moi qui en se matérialisant a pu s'exprimer et s'accomplir, s'épanouir. Je ne te remercierais jamais assez. Mais maintenant il va falloir partir.
- Tu n'as pas le mode d'emploi.
- J'avais pensé à t'insulter chère création vicieuse et perverse, mais la solution m'es venue en sortant de chez lui. Tu permets ?
- Quoi ?
- Mon téléphone ma belle.
« Allo ? »
- Raccroche !
Elle est sur le lit.
-Salut jules, c'est Léa, bien dormi ? Tu vas bien ?
- Raccroche putain Léa !
Dans mon velux, je vois son visage se figer sous la colère.
-Ca va. Et toi, tu es bien rentré ? Tu viens voir le groupe cette aprèm, chez Cédric ? Et avec Jacynth, tu t'es expliqué ?
- Ca va.
Elle s'est levée.
-Oui je viens, je passe même te chercher pas de problème, t'inquiètes.
Elle est derrière moi,
- Et puis avec Jacynth...
Je me retourne, je lui fais face.
- Je viens de la plaquer, ça faisant quatre mois et quatre jours.
Sous mes yeux, Jacynth a disparu.
THE END.
![Petit mensonge entre amis 5]](http://e1.img.v4.skyrock.net/e16/mzelee/pics/1883957001_small_1.jpg)